Le paradoxe du sportif

ou la nécessité de la formation continue dans le sport


Auteur: Sandy Razafitrimo - Date : 12/08/2016

Aujourd’hui dans le sport, il existe différents métiers, classés en différents domaines :

  • Pratique professionnelle
  • Sportif de haut-niveau
  • Entraineur sportif haut niveau
  • Animation et éducation sportive
  • Coach sportif en salle, à domicile
  • Professeur d’EPS, d’université
  • Moniteur/Educateur sportif
  • Directeur de centre sportif
  • Univers du sport
  • Médecin du sport, masseur, diététicien, etc.
  • Professionnel de la vente, responsable de rayon, etc.
  • Conseiller territorial des APS, responsable de gymnase, etc.
  • Journaliste sportif, organisateur d’événement, etc.
  • Juriste

Suivons uniquement les apprenants appartenant au 2ème groupe, ceux qui ont choisi une carrière professionnelle durant laquelle ils partageront et enseigneront leur passion : leur sport.

Pour enseigner le sport, cela passe dorénavant par des diplômes. En effet, depuis plusieurs années, le monde de l’enseignement du sport s’est professionnalisé. Cette profession, qui était il y a encore 30 ans précaire, à temps partiel, devient un emploi à temps plein pour plusieurs personnes. Il a donc fallu, d’une part permettre aux sportifs de diversifier leurs compétences sportives, mais aussi approfondir l’ensemble de l’approche technique et pédagogique.

Pour cela, le métier propose donc deux voies de formation :
  • la filière universitaire
    Avec la licence STAPS, puis le master et le doctorat, l’université permet aux étudiants de se diriger vers des différents métiers de l’entraineur, moniteur sportif jusqu’aux métiers du management.
  • la filière du ministère des sports
    Avec un diplôme niveau bac, le BPJEPS est le diplôme qui permet de démarrer rapidement dans le sport. Il représente une grande partie des étudiants dans le sport. Il peut être complété par un Diplôme d’Etat et un Diplôme d’Etat Supérieur.

Ces formations répondent donc au besoin d’avoir des moniteurs compétents et formés. Mais être bon pratiquant, bon pédagogue ne suffit pas pour « durer » dans le sport.

Souvent pratiquants, ces professionnels doivent faire face durant leur carrière à un problème plutôt paradoxal, rarement rencontré dans les autres professions.

Le paradoxe du sportif

En effet, si notre vie professionnelle démarre globalement à vingt ans et s’achève à soixante ans, il est coutumier de penser qu’en début de carrière, par manque d’expérience, le professionnel du sport aura moins de travail et qu’au fil des années, il pourra se constituer une clientèle.

En fait, pour des raisons simplement physiologiques, à l’instar des sportifs de haut niveau, les moniteurs ont plus d’élèves à 20 ans, et ils en perdent souvent au cours du temps face à la concurrence de plus jeunes sportifs. Le moniteur en début de carrière est souvent plus en phase avec sa clientèle, apporte plus de nouveautés et il est surtout physiquement plus apte à suivre ses élèves dans leur pratique. D’ailleurs, il est souvent encore un sportif actif.

C’est le paradoxe du sportif qui voit le temps lui faire perdre sa clientèle au lieu de l’augmenter.

Il existe bien entendu plusieurs moyens d’éviter cela, notamment celui d’enrichir son expérience pédagogique et théorique, afin d’intégrer des postes de direction.

Un exemple dans l’actualité est le parcours professionnel du footballeur Zinedine Zidane. Il est l’illustration de la compensation du paradoxe du sportif: démarrant sportif de haut niveau, il a été amené à se reconvertir dans l’encadrement, diplômes à l’appui.

C’est ainsi que les métiers du sport, qui demandent de plus en plus de diplôme, qui sont de plus en plus encadrés, connaissent aujourd’hui une mutation aux niveaux des compétences exigées. Non seulement le métier demande d’être de plus en professionnel , mais il exige aussi une nouvelle polyvalence dans des domaines qui s’éloignent des compétences sportives et pédagogiques enseignées.

La mutation des métiers

Si le métier change, mute, cela est du au fait que les moniteurs sportifs souhaitent de plus en plus transformer un temps partiel en temps plein ; mais aussi au fait que nos modes de vie ont changé.

Mobilité :
Le métier de moniteur sportif se professionnalisant, les moniteurs cherchent à vivre entièrement de leur métier. D’activités perçues comme complémentaires auparavant, elles deviennent la source principale de revenus du moniteur. Il est donc amener pratiquer plusieurs « petits » emplois et à travailler sur plusieurs sites différents. Le moniteur sportif devient plus mobile.

Slasheurs :
Si aujourd’hui, le moniteur travaille sur plusieurs lieux différents, il peut être également amener à avoir différents métiers simultanément et/ou dans le temps. Dans les années à venir ce phénomène ira en augmentant : les personnes pratiqueront plusieurs métiers simultanément mais aussi tout au long de leur carrière . Outre être mobile, cette notion de slasheur implique de savoir se remettre en question et d’être capable de diversifier ses tâches. Elle nécessite la capacité à apprendre sans cesse et rapidement tout au long de sa vie. Le moniteur doit être capable de cumuler différents métiers, sous différentes formes (sociales, juridiques, etc.).

La notion de service :
Enfin l’approche de la société de consommation à changer notre rapport à l’enseignant et aux métiers du sport : d’une activité associative où le moniteur régnait en maître, d’une société où de plus en plus d’adultes pratiquent le sport, le métier d’enseignant sportif a glissé un métier de service : les pratiquants sont des clients qui payent pour une prestation. Et ils attendent d’être satisfait. Le moniteur doit donc répondre aux besoins des clients et faire face à la concurrence. Il intègre alors des notions de communications et de marketing.

De nouvelles compétences :
Cette notion de service oblige donc le moniteur à développer différents domaines éloignés de son cœur de métier:
  • du droit et du juridique pour les différents statuts pour ses différents métiers
  • de la communication et du marketing pour gagner de nouveaux clients et fidéliser les autres
  • de l’informatique pour gérer son activité

Le métier de moniteur sportif ne consiste donc plus à partager sa passion. Il exige aussi aujourd’hui d’être mobile, d’être informé, de se former. Et ce tout au long de sa vie.

C’est pour cela que la formation continue est une nécessité dans les métiers du sport.



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